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A quoi servent les expérimentations sur les plantes génétiquement modifiées ?

La mise au point d’un organisme génétiquement modifié (OGM), puis son développement, est un processus long qui se déroule en plusieurs étapes. Ce processus débute en laboratoire et comprend des expérimentations en milieu confiné in vitro, puis in vivo en enceinte climatisée, ensuite en serre, pour déboucher éventuellement sur des expérimentations en milieu ouvert. Certains OGM, conçus comme outils scientifiques et destinés à améliorer la connaissance et la compréhension de la biologie des plantes, sont utilisés exclusivement en milieu confiné. L’expérimentation au champ est en revanche envisagée lorsqu’elle est nécessaire pour acquérir certaines données qui ne peuvent pas être obtenues autrement. La succession des étapes et des expérimentations permettent d’avoir des connaissances, tant sur les caractéristiques intrinsèques de l’OGM, que sur ses intérêts potentiels, notamment agronomiques, et sur les risques qu’il est susceptible de présenter pour la santé et l’environnement.

A) les essais en milieu confiné

La création des OGM est effectuée en milieu confiné. Les essais en laboratoire et en serre permettent de disposer des connaissances élémentaires sur les OGM. Cette étape permet également d’acquérir des données préliminaires pour l’évaluation des risques pour la santé et l’environnement que peuvent présenter les OGM. A titre d’exemple, différents tests peuvent être effectués comme :

• tests de toxicité aiguë des nouvelles protéines produites par l’OGM

• tests d’effets in vitro sur les insectes

• analyse de la séquence du gène introduit dans l’OGM

• analyses théoriques : recherche d’éléments allergènes par comparaison avec des protéines ou des morceaux de protéines connues pour être responsables d’allergies

• simulations de flux de pollen en fonction de différents paramètres.

B) les essais aux champs

L’expérimentation au champ constitue une étape nécessaire pour compléter les résultats obtenus en laboratoire, puis en serre. Elle est également nécessaire pour valider les hypothèses de recherche initialement formulées et acquérir de nouvelles connaissances, notamment sur les interactions des plantes génétiquement modifiées avec les facteurs environnementaux et agronomiques dans toutes leurs composantes. Elle contribue à estimer le comportement de la plante soumise à des environnements divers et variables, notamment en termes de sol, de systèmes de cultures, de climat, d’infestation par des agents responsables de maladies ou par des plantes adventices. La complexité des facteurs de l’environnement et des interactions possibles font que ces expérimentations ne sauraient être conduites autrement (en serre par exemple). L’expérimentation au champ permet donc de mieux caractériser l’OGM dans les conditions naturelles agro-climatiques qui sont celles où sont habituellement cultivées les plantes agricoles.

Les essais au champ ont un triple objectif :

  • 1) comprendre la biologie des plantes
    Les essais au champ permettent d’identifier de nouveaux critères d’amélioration génétique et de fonder de nouvelles pratiques agronomiques. Les essais servent par exemple à progresser dans la connaissance de certains gènes, comme les gènes impliqués dans la résistance des plantes à la sécheresse. Les essais au champ sont nécessaires pour étudier le fonctionnement des gènes en conditions réelles. Dans ce cas, les OGM sont utilisés comme un outil scientifique et ne sont pas forcément destinés à être commercialisés.
  • 2) préciser les caractères agronomiques
    Au niveau de la plante et de la parcelle, les essais visent à mesurer l’efficacité de la modification (niveau d’expression du gène et de résistance aux insectes par exemple), sa stabilité dans différentes situations agro-climatiques et sa spécificité (absence de modification des autres caractères agronomiques).

Au niveau des systèmes de culture, les essais permettent d’évaluer la faisabilité des rotations, le niveau de maîtrise des repousses (cas des OGM tolérants à des herbicides totaux), l’évolution des résistances ou encore les dérives des flores. Leur objectif est donc de mettre au point des procédés techniques de culture et d’en faire les bilans technico-économiques.

  • 3) évaluer les risques
    Les essais au champ sont la condition essentielle à l’évaluation des risques liés à la commercialisation et la culture à grande échelle des OGM. A titre d’exemple, les tests et analyses suivants ne peuvent être effectués qu’après obtention de résultats suite à une expérimentation conduite en plein champ :

• étude du niveau d’expression du transgène dans différentes parties de la plante ;

• analyses d’équivalence plante non OGM/ plante OGM, traitée ou non-traitée avec un herbicide ;

• tests de toxicité subchronique avec la plante (grain) sur modèles animaux ;

• vérification au champ des résultats de simulations de flux de pollen

• analyse de l’impact sur l’environnement :

- impact sur des organismes non cibles (oiseaux, insectes)

- possibilité de croisement avec des plantes adventices

- possibilité d’avantages sélectifs