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OGM et thérapie génique

La thérapie génique consiste à transférer du matériel génétique dans les cellules d’un malade pour corriger l’absence ou la déficience d’un ou de plusieurs gènes qui provoque une maladie. Le transfert génétique doit permettre de corriger les déficiences constatées ou de moduler certaines réponses biologiques de ses cellules (par exemple, dans le cas de la thérapie génique anticancéreuse).

Les produits de thérapie génique sont définis comme tout produit visant à transférer du matériel génétique. Il s’agit des plasmides (fragments d’ADN, nus ou vectorisés), des virus (adénovirus, rétrovirus, lentivirus) ou les cellules les produisant, des cellules génétiquement modifiées. Ils peuvent être administrés selon l’une des trois modalités suivantes :
- enrobage dans des micro-gouttelettes graisseuses (liposomes) capables de traverser les membranes cellulaires ;
- insertion dans le génome de virus non pathogènes qui entrent dans les cellules ;
- injection directe dans la cellule.

Il existe deux types de thérapie génique :
- la thérapie génique in vivo, la plus fréquente : le gène est introduit directement dans l’organisme du malade ;
- la thérapie génique ex vivo : des cellules du patient sont prélevées et mises en culture en présence du produit de thérapie génique. Une fois le transfert du gène effectué, ces cellules génétiquement modifiées sont réintroduites chez le malade.

La thérapie génique est encore en phase de recherche clinique. Il y a actuellement 50 essais autorisés en France. 40 % des essais relèvent de la recherche publique et 60% de la recherche privée. La majorité des essais cliniques (85%) a pour objectif le traitement du cancer (notamment cancers du sein, du poumon). Malgré les nombreux essais cliniques qui ont été mis en place depuis bientôt dix ans, peu de succès thérapeutiques ont été enregistrés jusqu’à présent. Il faut noter les résultats positifs obtenus dans le traitement du déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X. Les maladies cardio-vasculaires ont suscité quelques essais cliniques. Il existe également des essais cliniques ayant pour objectif le traitement de certaines maladies héréditaires mettant en cause un seul gène (maladies monogéniques comme la mucoviscidose par exemple).

Les essais cliniques relatifs à la thérapie génique, qui évaluent notamment la relation dose/réponse, la tolérance et l’efficacité, sont subordonnés à une autorisation délivrée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) après avis de la commission de génie génétique et de la commission d’étude de la dissémination des produits issus du génie biomoléculaire et accords des ministres chargés de la recherche et de l’environnement (cf. décret n° 2001- 909 du 1er octobre 2001).

Les développements de la thérapie génique se heurtent à un certain nombre de difficultés :
a) nombreuses difficultés de nature scientifique, notamment difficulté de cibler les cellules malades, rejet par l’organisme des produits de thérapie génique.
b) difficulté de production des vecteurs viraux en quantité suffisante et à des titres infectieux suffisants.
Malgré les efforts de quelques industriels pharmaceutiques, on manque d’unités de productions de vecteurs (viraux ou non viraux). Ces unités doivent être capables de produire dans le respect des « bonnes pratiques de fabrication » ; la production de ces vecteurs est complexe et fait appel à des processus contraignants.
c) obstacles financiers.
Compte tenu de la complexité des produits de thérapie génique, les investissements sont très lourds dans ce secteur, d’une part pour toutes les recherches fondamentales et les études de développement pour établir les concepts de l’approche de la thérapie génique, et d’autre part pour les unités de production des vecteurs ainsi que pour les établissements accueillant les patients (nécessité de mettre en place des lits spécialisés, ou un confinement spécifique).